Pour réaliser une macération, il faut simplement deux ingrédients :

- une plante

- un liquide de macération.

 

Mais pour réaliser un macérât destiné à une utilisation particulière, il faut surtout se poser les bonnes questions :

- dans quelle partie de la plante se trouvent les actifs que je recherche ? sommités fleuries, tige, feuilles, racine?

- quel liquide de macération va me permettre d'extraire au mieux ces actifs? eau, vin, huile, vinaigre, glycérine?

Pour trouver la réponse à ces deux questions, on trouve pas mal de renseignements sur le net.  Personnellement, j'utilise le guide ethnobotanique de phytothérapie de Gérard Ducerf. Pas besoin de surfer de site en site, le guide est complet, il récapitule 2 ou 3 lignes quelle plante utilisée, quelle partie de cette plante, sous quelle macération pour quels effets.

Ce guide est présenté sous forme de tableau ce qui rend sa lecture très facile.

ducerf

Une fois qu'on a la réponse à nos questions, y a plus qu'à se lancer.

 

Dans ce premier article sur les macérations, voici un point rapide sur les macérâts huileux.

Les macérâts huileux vont permettre d'extraire les actifs des plantes et d'obtenir une huile de soin plus douce qu'une huile enrichie en huile essentielle (trop forte pour les enfants ou les peaux fragiles). De plus, c'est économique et facilement réalisable.

Pour cela, il faut une huile végétale bio, de première pression à froid qui résiste aux variations de température (évitez les huiles riches en oméga3 car elles rancissent vite). On peut utiliser l'huile d'olive ou l'huile de tournesol. 

La plante choisie, doit être "exempte" d'humidité, c'est à dire sèche, mais pas archisèche. Généralement, je cueille la plante et je la laisse sécher sur un torchon 24 à 48h.

Dans un pot en verre préalablement lavé et désinfecté, on verse les plantes sans les tasser et on recouvre d'huile de telle sorte que le pot soit plein.

On ferme, on secoue, on note sur le couvercle, le jour de réalisation, l"huile et la plante utilisés, et on met le pot dans le jardin dans un coin au soleil pendant deux mois. Tous les deux ou trois jours, on secoue le pot. Et au bout de deux mois, on filtre à l'aide d'un filtre à café. L'huile obtenue se conservera au minimum 6 mois.

On peut aussi renouveler l'opération avec l'huile obtenue pour réaliser une double ou triple macération.

Voici un exemple de macération de millepertuis:

macerat1

Et après filtrage :

macerat3

 

NB1 : pour les plus pressés, ou si on est en hiver, on peut réaliser un macérât de façon express, en faisant chauffer le pot huile+plante au four au bain marie à basse température pendant 3heures ou à la mijoteuse.

 

NB2 : Assurez-vous bien que la partie de la plante utilisée contient les actifs que vous recherchez et qu'ils seront  extraits par la macération huileuse. Pour prendre un exemple, la sommité fleurie de la pâquerette va posséder des actifs pour retendre la peau, la racine aura plutôt des actifs pour lutter contre la décalcification. On réalisera un macérât huileux pour le 1er cas (utilisation externe comme huile de soin), et un macérât alcoolique dans le second cas (utilisation interne en teinture mère).

 

NB3 : on peut aussi réaliser des macérations alimentaires comme les pestos : on hache des feuilles et on recouvre d'huile. Le plus connu est le pesto de basilic. Mais on peut en réaliser avec des feuilles de toute autre plante comestible. Cela fera de très bonnes tartinades pour un apéro botanique! (ex : feuilles de mauve, de capucine, d'ortie etc)

 

A suivre : les autres macérations...